Y a-t-il un ministre de la Santé pour sauver la sécurité sociale ?
Publié le 20 septembre 2008 dans Communiqués
Aujourd’hui, au ministère de la santé, une conférence de presse est organisée pour présenter les dernières recommandations du groupe d’expert concernant la prise en charge médical des personnes infectées par le VIH.
Nous ne savons pas si Roselyne Bachelot, la personne en charge du poste de ministre de la Santé, y assistera tant elle semble préoccupée par ses opérations de communication à l’attention du monde sportif et des français-e-s bien sûr. « Le sport c’est la santé ! » C’est bien connu ! Il est vrai qu’il est plus « glamour » de paraître dans la cour de l’Elysée en « crocs» roses (non, cela n’est pas de la pub, uniquement de la com’) que de consacrer du temps à écouter des professionnels de santé et des représentants associatifs présenter un travail qui servira de référence à l’ensemble des médecins impliqués dans la prise en charge des personnes infectées par le VIH. Il est également vrai que ces nouvelles recommandations risquent de lui être désagréables, car certaines d’entre elles sont en opposition avec la politique de santé imposé par le Gouvernement qui fait fi de la santé solidaire gagnée par nos aïeuls, en 1945.
Mme Bachelot peut se décréter à la télévision¬ être « la ministre de la qualité des soins » et affirmer «qu’il n’y aura aucun hôpital de fermé » en ajoutant « ce qui compte pour moi, c’est la sécurité des malades, la qualité des soins, je ne me pose pas du tout cette question en terme d’économie »… L’ensemble de son œuvre dans les faits, contredit ses dires. Dans la lignée de ces prédécesseurs (Ms Mattéi, Douste-Blazy et Bertrand), Mme Bachelot a poursuivi une politique de destruction du système de santé basé sur la solidarité entre malades et non malades, personnes aisées et non aisées: franchises médicales, automédication facilitée avec le passage de certains médicaments devant le comptoir, ce qui profite plus aux bénéfices de l’industrie pharmaceutique qu’à la population en général et en dernier lieu l’application du rapport Larcher qui préconisant la fermeture de plusieurs services hospitaliers et hôpitaux de proximité. Ces réformes associées à la nouvelle tarification des hôpitaux (T2A) mettent en faillite 29 des 31 CHU français et provoquent plusieurs fermetures de services hospitaliers (dernièrement, sans concertation, celle du Service des Maladies Infectieuses et Tropicales de l’Hôpital St Joseph à Paris) au détriment de la qualité des soins que toute personne est en droit d’attendre du service public.
La politique de santé appliquée actuellement ne cherche pas à équilibrer la gestion de l’assurance maladie mais en a accentuée le déficit pour mieux justifier les réformes qui vont, à terme, la privatiser.
La sécurité sociale et l’assurance maladie ne souffrent pas de leurs dépenses mais de l’absence de recettes due aux exonérations de charges patronales mises en place par le président Sarkozy et son gouvernement. La Cour des comptes l’a clairement souligné mercredi 10 septembre 2008.
Act Up Sud-Ouest exige :
- la démission de Roselyne Bachelot
- que le gouvernement paye sa dette à la Sécurité sociale
- la mise en place d’une véritable politique de santé solidaire par la suppression de la T2A, l’arrêt de l’application du Rapport Larcher et la suppression des franchises médicales.
Contact presse : Guy MOLINIER : 06 18 41 20 99
¬ le 17 juin 2008 à l’émission « les 4 Vérités


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