Offre de soins en Midi-Pyrénées: VIH: vers la fin de la diversité associative?
Publié le 5 octobre 2011 dans Communiqués
Au regard des données épidémiologiques concernant le VIH/ Sida et les IST, Midi-Pyrénées est au 3eme rang des régions de France Métropolitaine les plus touchées (cf « tableau de bord sur la santé – statistique et indicateur – Midi-Pyrénées – 2010- ORS mip et ARS Midi-Pyrénées) et son ARS se doivent de répondre aux actions déclinées au sein du plan national de lutte contre le VIH/ sida 2010 - 2014.
Malheureusement, l’ARS de Midi-Pyrénées n’a pas la bonne expertise sur les résultats épidémiologiques concernant le VIH/ Sida puisque le VIH ne figure pas dans les priorités de santé établies pour la région Midi-Pyrénées pour les mois à venir. Et pour confirmer ce désengagement, l’ARS Midi-Pyrénées a baissé de plus de 35% la subvention concernant les actions de prévention du VIH aux associations de lutte contre le sida (343 220 euros versé en 2010 contre 200 000 euros en 2011). Réduction conséquente qui a eu pour conséquences que l’enveloppe budgétaire a été redistribuée à seulement trois associations toulousaines (75% à Aides Midi-Pyrénées, 20 % à Grisélidis et 5% à Act Up Sud-ouest) et répondu par la négative à la demande des autres, choix qui risque à terme de provoquer leur fermeture (comme actuellement à Rodez avec l’association « Relais VIH »). Alors que l’action associative occupe une place centrale au sein de la lutte contre le VIH (Rapport 2010 sur la prise en charge médicale des personnes infectées par le VIH – recommandations du groupe d’experts) et que la diversité des associations permet une complémentarité dans leurs actions en direction des Personnes Vivant avec le VIH et de la population en général, sur tout le territoire (exemple : soutien à l’observance, aux soins et à la qualité de vie, soutien social et à l’accès aux droits, travail à l’amélioration de l’organisation des soins, promotion de la santé sexuelle…). La politique actuellement appliqué par le gouvernement Fillon, via les ARS, remet cette réalité en cause. A terme, le gouvernement va imposer de n’avoir plus qu’un seul interlocuteur associatif, c’est-à-dire Aides, après avoir « éliminé » toutes les autres associations et cette diversité associative qui était sa force. Pour la région Midi-Pyrénées, doit-on traduire que la lutte contre le VIH se limite à Toulouse et que sept départements sur les huit qui composent la région ne sont plus concernés par cette pandémie ?
Pour faire face à l’épidémie de VIH/ sida, le Ministère de la santé a mis en place le cinquième plan national de lutte contre le VIH/ sida et les autres infections sexuellement transmissibles (IST) 2010 -2014 qui constitue le principal outil de programmation dans la lutte que mènent les pouvoirs publics et leurs partenaires – professionnels de santé, acteurs économiques et milieu associatif – contre ces infections. Ce plan est conçu de manière à faciliter l’appropriation et la déclinaison par les Agences Régionales de Santé (ARS) des orientations et stratégies nationales VIH/ IST, en fonction de leurs données épidémiologiques, dans le cadre de leur plan régional de santé et de leurs schémas régionaux et ces programmes ou plan d’actions. Suite aux résultats épidémiologiques concernant le VIH/ Sida en Midi-Pyrénées, présentés plus haut, il est difficilement compréhensible que cette pathologie ne soit pas inscrite dans les priorités régionales de santé.
Aujourd’hui, l’ARS Midi-Pyrénées organise une rencontre sur le thème « offre de soins et aménagement du territoire en Midi-Pyrénées » afin de discuter sur « la démographie professionnelle, permanence des soins, accessibilité à des prises en charge de qualité, structuration de l’offre hospitalière….. ». Et pendant les débats, le directeur de l’ARS, Mr Chastel, va continuer à appliquer sa politique de casse de notre système de santé ; fermeture des services hospitaliers de proximité, suppression de poste de personnels soignants et non soignants provoquant la dégradation de leurs conditions de travail et de la qualité de la prise en charge des usager-e-s, remises en cause de la notion de solidarité et de service public. Et nous expliquer que cela se fait au non de la démocratie sanitaire……
Parce que le VIH/ sida nécessite une prise en charge globale et multidisciplinaire, appliquée équitablement, sur l’ensemble du territoire national et régional, pour tous et toutes ; parce que les associations participent pleinement à la qualité de cette prise en charge, Act Up Sud-ouest exige :
- Que le VIH/ Sida redevienne une des priorités de santé de l’ARS Midi-Pyrénées,
- Que l’ARS Midi-Pyrénées augmente l’enveloppe budgétaire de prévention du VIH à hauteur de celle de l’année 2010, en la répartissant de façon équitable entre toutes les associations de Midi-Pyrénées,
- L’arrêt des fermetures des services et hôpitaux de proximité et des suppressions de poste de personnels soignants et non soignants.
Contact presse : Act Up Sud-ouest: Guy MOLINIER : 06 18 41 20 99 ; Griselidis : Julie Sarrazin : 09 53 33 97 13 ; Relais VIH : Noëlle Tardieu : 06 47 22 68 47


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