Santé sexuelle: l’organiser mais avec quel moyens financiers et humains
Publié le 4 novembre 2011 dans Communiqués
En introduction de la table ronde « organisation et promotion de la santé sexuelle en France » du congrès de la SFLS, à Lyon, Corinne LAKHDARI, présidente d’Act Up Sud-ouest, a fait part de certaines réflexions pour participer au débat.
« Nous n’allons pas vous parler du désengagement progressif de l’état dans la lutte contre le VIH/Sida.
Nous n’allons pas vous parler du plan national de lutte contre le sida 2010- 2014, de l’évaluation de sa mise en place et de la difficulté de mettre en place certaines de ses actions du fait de la baisse et/ou de l’absence de financements du gouvernement Fillon.
Nous n’allons pas vous parler de la disparition du VIH au sein des priorités des Plan Régionaux de Santé de certaines Agences Régionales de Santé (ARS) et ce malgré les recommandations du plan national.
Nous n’allons pas vous parler de l’absence de dialogue entre certaines ARS et les COREVIH, pourtant reconnus comme acteurs incontournables pour la mise en place des actions du plan national….ainsi que de la difficulté que rencontre certains COREVIH pour obtenir leur financement….
Nous n’allons pas vous parler de la baisse des financements associatifs des ARS et de leur répartition inéquitable pouvant engendrer la fermeture de nombreuses d’entre elles et la disparition de la pluralité associative.
Nous n’allons pas vous parler de la loi « HPST », et de la politique de maitrise comptable des dépenses de santé mise en place par les ARS, de leurs conséquences néfastes sur les conditions de travail du personnel soignant et non soignant (suppressions de postes) et de la dégradation de la qualité de la prise en charge des usager-e-s du système de santé.
Nous n’allons pas vous parler de la remise en cause de la notion de service public par la fermeture de certains services (chirurgie, maternité) et/ou hôpitaux de proximité.
Nous n’allons pas vous parler d’une politique de santé qui met l’ensemble des hôpitaux publics en déficit par l’application de la tarification à l’activité ni de démocratie sanitaire qui ne prend pas réellement en considération la parole des usagers et des personnels soignants et non-soignants.
Nous n’allons pas vous parler de la remise en cause de notre système de santé solidaire par l’application de lois provoquant une inégalité d’accès aux soins pour toutes et tous sur l’ensemble du territoire (augmentation du reste à charge avec les franchises médicales, divers forfaits, augmentation des mutuelles due entre autre au déremboursement de médicaments, dépassements d’honoraires, taxe d’accès à l’AME…etc).
Nous n’allons pas vous parler de la dégradation de la qualité de vie des PVVIH, précarisation, provoquée par la destruction de notre socle social fondé sur le principe de solidarité, due à l’application d’une politique libérale.
Par contre, nous espérons que lors de votre discussion sur l’organisation et la promotion de la santé sexuelle en France vous prendrez en compte ces éléments parce qu’il n’a rien de plus frustrant que de réfléchir à une amélioration de la prise en charge des personnes en ne tenant pas compte des moyens de son application dans la vraie vie. »


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